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jeudi 7 août 2008

Soljenitsyne

Dimanche dernier, le 3 août, décédait l'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne.
Pour savoir qui c'était, je vous conseille donc de jeter un coup sur wikipedia ou encore sur cet article paru sur le site du courrier international.

Pour se faire une petite idée du personnage, voici un extrait de son discours à Harvard, daté du 8 juin 1978.

(...) Aujourd'hui la société occidentale nous révèle qu'il règne une inégalité entre la liberté d'accomplir de bonnes actions et la liberté d'en accomplir de mauvaises. Un homme d'Etat qui veut accomplir quelque chose d'éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du Parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n'a aucune chance de s'imposer : d'emblée on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques.

(...) Sans qu'il y ait besoin de censure, les courants de pensée, d'idées à la mode sont séparés avec soin de ceux qui ne le sont pas, et ces derniers, sans être à proprement parler interdits, n'ont que peu de chances de percer au milieu des autres ouvrages et périodiques, ou d'être relayés dans le supérieur. Vos étudiants sont libres au sens légal du terme, mais ils sont prisonniers des idoles portées aux nues par l'engouement à la mode. Sans qu'il y ait, comme à l'Est, de violence ouverte, cette sélection opérée par la mode, ce besoin de tout conformer à des modèles standards, empêchent les penseurs les plus originaux d'apporter leur contribution à la vie publique et provoquent l'apparition d'un dangereux esprit grégaire qui fait obstacle à un développement digne de ce nom. Aux Etats-Unis, il m'est arrivé de recevoir des lettres de personnes éminemment intelligentes ... peut-être un professeur d'un petit collège perdu, qui aurait pu beaucoup pour le renouveau et le salut de son pays, mais le pays ne pouvait l'entendre, car les média n'allaient pas lui donner la parole. Voilà qui donne naissance à de solides préjugés de masse, à un aveuglement qui à notre époque est particulièrement dangereux.

Alors, j'essaye d'imaginer la tête des étudiants et des profs lorsqu'ils ont entendu ce discours. Venant d'une personne déchue de sa nationalité russe, je suppose qu'il ne s'attendaient pas à un discours aussi critique envers la société occidentale.

Pour le reste, Soljenitsyne à l'air d'un personnage dont l'engagement est assez controversé. Il est dit sur Wikipedia que "il a été successivement ou simultanément accusé d'être nationaliste, tsariste, ultra-orthodoxe, antisémite ou favorable à Israël, traître, complice objectif de la Gestapo, de la CIA, des francs-maçons, des services secrets français et même du KGB."

Difficile de se faire un opinion...

mercredi 11 juin 2008

Viva la revolucion

Puisque je suis lancé, je continue.
Je suis en train de lire un bouquin assez intéressant qui se nomme "Antimanuel d'économie" de Bernard Maris. Même si le titre est assez naze, l'ouvrage est intéressant, très intéressant même.
En plus, à la fin de chaque chapitre, il propose des extraits d'ouvrages de différents auteurs.
J'en ai lu un excellent, je suis obligé de partager ce plaisir avec vous^^.
Je mets un extrait de l'extrait car c'est assez long.
L'auteur, Armand Farrachi, commence par citer des exemples de gaspillages: carburant, electricité, eau... puis il parle de notre société de consommation et la possibilité que nous avons de "changer les choses"
Extrait: " Même si notre influence personnelle sur le cours des choses peut être tenue pour nulle, nous restons tout-puissants sur la façon dont ce cours nous traverse, ou sur notre faculté de lui rester imperméable. Les fabricants qui nous inondent d'objets inutiles et de nouveautés facultatives, ne persévéreraient pas longtemps s'il n'existait pas un marché pour la pacotille que les clients approuvent par leurs achats... En plaçant le consommateur au coeur de son mécanisme, l'autorité marchande lui donne aussi le moyen d'aiguiser son choix en arme d'un contre-pouvoir, de refuser ce qu'il réprouve, d'encourager ce qu'il défend, de se priver de l'inadmissible, et de passer du statut de rouage à celui de grain de sable (obligé de lever le poing en écrivant cette phrase^^)... l'homo consummator porte en lui-même la sentence d'un homo ethicus."
Je suis tellement d'accord avec lui que j'aurais bien voulu sortir cette phrase moi-même...arf.
Et, honnêtement, au fond de vous, vous pensez sûrement aussi la même chose, non?
Combien de fois on achète des trucs inutiles ou dégeulasses? Parfois, je me dis même:" comment on peut encore vendre des choses pareilles!" Putain, merde, y a encore des gens qui mangent des Bifi???^^ (ok, j'en connais au moins un. Salut Mich)
Notre salut passera par le boycott, c'est clair. Il faut juste avoir un peu de courage.
Bon, j'arrête là sinon on va me prendre pour un révolutionnaire utopiste...